jeudi 25 décembre 2008

Jour 80 – 18 décembre

Petite journée avec pour seul but de déplacer le bateau de 7 miles, hier on s’est ancré tout juste aux côtés de la marina devant des hotels, on ne semble pas déranger personne mais c’est pas un endroit idéal. L’eau qui nous mène au Grand Lucayan Waterway est limpide et le mouillage dans le waterway est idéal, un bassin aux murs bétonnés entouré d’arbres et aucune entrée possible pour les vagues, si seulement ils seraient tous comme ici!

Jour 78 et 79 – 16 et 17 décembre

Finalement bien heureux d’être à l’ancre, le sommeil était nécessaire et puis il a mouillé cette nuit. On profite du temps chaud pour se baigner pour la première fois du voyage. Les conditions annoncées pour cette nuit sont identiques à hier, mais on est beaucoup plus en forme, donc départ prévu pour 20 heures. Au moment de partir le vent est tout de même plus fort que la veille, dans une demi-heure une nouvelle édition de la météo sera sur les ondes, aussi bien attendre un peu... conditions stables soit 10-15 noeuds de l’est, c’est parti! Dès le départ le pilote automatique est mis en service en pointant 20 degrés plus au sud que notre destination afin de combattre le courrant du Gulf Stream qui atteint 3.5 noeuds au centre. Tout va bien, ça brasse un peu sur l’océan et un peu plus quand on entre dans le courant, parfois ça cogne mais c’est somme toute raisonable, la grand-voile aide à stabiliser le bateau mais c’est surtout le moteur qui nous fait avancé. Au fil du temps je commence à me sentir mal et éventuellement être malade par dessus bord, ça aura été le seul moment ou j’ai vu l’eau du Gulf Stream, autrement j’ai passé la nuit couché dans le cockpit. Comme je savais mieux à quoi m’attendre du mal de mer, cette fois-ci s’est mieux endurée que la première fois, mais quand même, je suis un peu écoeurer... Audrée quand à elle veille sans problème sur l’autre banc. Le soleil fini par se lever et la traversée se passe sans autre incident. 79 jours après notre départ de Québec on entre à Port Lucaya, Bahamas! Les procédures douanière sont un peu longues mais tout se passe bien, une fois bel et bien entré au pays la journée arrive déjà à sa fin et on préfère rejoindre les couchettes que célébrer... on aura bien d’autres occasions.




Jour 77 – 15 décembre


Changement à la météo ce matin, le vent devrait faiblir à 5-10 noeuds de l’est, ce qui me semble plutôt bien comme conditions mais le reste du mouillage ne semble pas s’activer, de toute façon nous ne sommes pas prêt à lever l’ancre. Aujourd’hui on se rend au Home Depot qui est assez loin du mouillage...J’avais bien prévu emprunter une rivière en dinghy pour s’en approcher, mais celle-ci se termine sur un barrage, faudra marcher. Le retour est pénible, avec une bouteille de propane et d’autres trucs qui pèsent deux fois plus lourd que leur poids réel sous le soleil de la Floride. Finalement de retour au voilier on a la surprise de trouver des papiers d’Argo et Alto qui ont décidé de partir cette nuit, on aimerait bien ne pas les perdre de vue et quitter ce mouillage qui s’éternise. Bon que faire, il est déjà passé 16 heures, si on veut être prêt nous aussi ce sera tout un sprint. Le premier objectif qui presse est d’aller chercher des bottines de plongée car je n’en trouverai peut-être pas aux Bahamas, mais le magasin est assez loin et ferme dans une demi-heure... Impossible de m’y rendre à temps, par chance Phillipe de Tou Dou m’offre son dinghy avec lequel je peux planer à 18 noeuds, mission réussie! La prochaine étape est de faire le plein d’essence, encore une fois la station la plus rapprochée est fermée et on se tappe une marche bien pesante avec les bidons. Fini? Mais non, on s’est réservé le plus gros pour la fin, la dernière épicerie avant les Bahamas... ça promet. C’est deux pleins paniers de denrées que l’on ramènent au dinghy puis au bateau, il est maintenant 22 heures et rien de tout ça n’est encore rangé, pendant qu’Audrée trouve un racoin pour chaque aliment moi je prépare le bateau. Enfin prêt à partir il est 23h30, nous avons un peu plus de 80 miles à parcourir (16 heures minimum) ce qui ne laisse pas de possibilitée pour dormir si l’on veut arriver de jour. Quand à Argo et Alto on n’arrive pas à les rejoindre à la radio, peut-être déjà partis, peux-être ont-ils annulés la traversée? On se retrouve néanmoins seul sur l’océan, les prédictions ont un peu changées et annoncent maintenant des vents de 10-15 noeuds de l’est, mais j’ai l’impression qu’il tend à venir un peu plus du nord-est. S’il forci le Gulf Stream ne sera pas un endroit plaisant ou passer la nuit... À peine une heure que l’on s’est embarqué sur l’océan et déjà on est claqués, manque total d’énergie. Faut prendre une décision et je fais ma chochotte, retour vers la floride. On se serait certainement rendu, mais en s’écoeurant royalement...

Jour 76 – 14 décembre

Du vent et encore du vent, aussi bien essayer de s’en servir d’une quelconque façon. Voyons ce que j’ai... un dinghy, et une voile de traction pour faire du ski dans les champs, doit bien y avoir quelque chose à faire avec ça! ... Plus ou moins, dès que la voile touche l’eau c’est la catastrophe...quelques minutes de succès pour quelques heures de tentatives, finalement je n’inventerai pas de nouveau sport aujourd’hui. Ça m’aura au moins occupé pour cette autre journée d’attente, la météo annonce que des forts vents pour les prochains jours...

Jour 75 – 13 décembre

On est toujours en mode d’attente, le vent souffle fort du nord donc il n’y a aucun des 45 bateaux du mouillage qui lève l’ancre. On passe le temps comme on peut en faisant les boutiques. Audrée est avec Mona (Argo V) et moi je vais voir les trucs de plongée avec l’équipage de Tou Dou, deux jeunes enfants sur un voilier... faut vouloir, je crois pas que je serais suffisament patient à long terme! J’ai déjà mentionné le catamaran Peace IV, ce soir on a droit à la visite. C’est un plan Wharram de 47’ construit en CP/époxy par Ann et Neville qui naviguent maintenant à plein temps et ce à respectivement 65 et 72 ans! On espère les revoir aux Bahamas et faire un tour sur ce bateau qui sort de l’ordinaire.

samedi 13 décembre 2008

Jour 74 – 12 décembre

La météo n’annonce rien d’intéréssant avant mardi ou mercredi (on est vendredi), ce qui nous donne assez de temps pour voir aux derniers achats en territoire d’abondance. Premier arrêt au West Marine pour commander une bouteille de propane, je déteste vraiment ce magasin. De tous les vendeurs de matériels nautiques, c’est vraiment le plus cher sur tout, je ne comprends pas du tout pourquoi il y en a partout. La bouteille en catalogue à 72$ est maintenant à 95$, plus 5$ pour le shipping... bande d’arnaqueurs! Mais on dépend d’eux alors je la commande quand même! Puis tant qu’à parler argent, je crois que tous les canadiens se mordent présentement les doigts. Alors qu’à notre départ le dollar était au pair, il nous en coûte maintenant près de 1.30$ pour obtenir un dollar américain... C’est une différence non négligeable dans le budget, on espère au moins que la situation n’empirera plus. Après une très longue marche, je finis par trouver une quincaillerie ou je me procure de la peinture pour redonner de l’allure au pont qui est écaillé un peu partout, comme je vois les même 26 pieds de terrain à journée longue, je voudrais au moins qu’il soit plaisant à regarder!

Et puis... roulement de tambour, j’ai vu un LAMENTIN! Enfin! Après environ 500 affiches nous disant de ralentir pour faire attention à eux, que personne ne voit jamais car ils sont en voie d’instinction, il y en a finalement un qui vient respirer près du bateau. Drôle de créature que ces gros-gras là, on va leur souhaiter bonne chance pour leur survie.

Jour 73 – 11 décembre

J’avais dans l’intention de passer Miami avant d’entreprendre la traversée du Gulf Stream mais on apprend que si tous sont ici, c’est en attente d’une fenêtre météo. D’ici, la traversée est un peu plus longue, mais on échappe au sud de la Floride qui interdit de plus en plus l’ancrage... ainsi que 36 ponts à faire ouvrir! Je vais regarder les cartes plus en détail pour la traversée mais j’ai bien l’impression que l’intracoastal est terminé! On a (encore!) droit à un souper sur Argo V, est également présent l’équipage de Alto (www.donaldlavoie.com/alto). Donald écrit pour la revue La Barque et songe à faire un article pour encourager les jeunes à se lancer dans le monde de la voile, on accepte avec plaisir de répondre à ses questions au courant de la soirée. Un peu spécial et inattendu comme situation!

Jour 72 – 10 décembre

Il vente à écorner les boeufs aujourd’hui (ou à désaileronner un dauphin, ou dégraisser un lamentin... oui, on a du temps pour penser à ces niaiseries là!). En fin de journée je maudit les ponts qui ouvrent aux demi-heures, on arrivent deux fois deux minutes trop tard, donc une heure à faire des ronds... Par chance le mouillage de North Palm Beach a de quoi me remettre de bonne humeur, dès l’entrée on croise Tout Doux, puis Argo V, Alto, Mystic, il y a aussi le gros catamaran Peace IV que j’aimerais bien visiter, puis une famille canadienne qui nous indique un endroit libre à leur côté. Enfin de la compagnie, depuis quelques semaines on avait perdu la trace de plusieurs.

Jour 71 – 9 décembre

Shopping à Véro Beach en avant-midi, le but est de trouver une bouteille de propane de 10 livres pour remplacer les jetables d’une livre que nous utilisons jusqu’à maintenant. Pas chanceux côté propane, mais on tombe sur une boutique de plongée ou l’on s’achète chacun un wetsuit pleine longueur ainsi qu’une lance à poisson pour moi! On repart bien équipé jusqu’à Jensen Beach ou la manoeuvre d’ancrage fait pitiée, bien que je passe entre des bateaux déjà ancrés, je réussi à trouver les deux hauts fonds du secteur...Encore une fois bien content d’avoir une quille pivotante. Sandra vient nous retrouver en soirée et nous accueille chez elle, c’est fou ce qu’une douche chaude à l’eau douce fait du bien, elle était grandement due! C’est quasiment un crime d’avoir dans la même soirée une douche, un bon souper à une table qui ne bouge pas, un fauteuil hyper moelleux et du linge propre! Merci

Jour 70 – 8 décembre

Étape sans histoire qui mène à Véro Beach, première ville rencontrée ou il est interdit de s’ancrer, il faut plutôt prendre un corp-mort (sorte « d’ancre » permanante) qui sont gérés par la ville. Comme il y a trop de bateaux, ceux-ci sont mis à l’épaule (côte-à-côte) sur un même corp-mort. La nuit sera brassée par 20 noeuds de vent et j’aime bien mieux cogner sur de l’eau qu’un autre bateau! Nous ancrons un peu plus loin que la ville, aucune idée si l’endroit fait parti ou non de la zone interdite, de toute facon je doute fort qu’ils viennent vérifier jusqu’ici... En soirée on trouve un endroit pour manger qui convient à tout le monde, Audrée se prend une grosse assiette de sushis pour emporter, et moi une grosse boîte de poulet frit, avec une table extérieure située entre les deux restaurants comme lieu de rendez-vous!

Jour 69 – 7 décembre

Vers midi les filles arrivent au quai à dinghys comme convenu et on en profite pour aller remplir les bidons d’essence en voiture. Plus vite dit que fait, en empruntant le pont menant aux stations services on voit un défilé de motos dans la voie opposée, sauf que le défilé ne semble pas finir, les rues sont bloquées et le traffic redirigé. Le pont ne sera pas rouvert aux voitures pendant au moins une heure et demi! Les gens du coin ont même sorti des chaises sur le bord de la rue pour les regarder passer... Enfin prêt à partir, la journée est déjà bien avancée, on ne pourra se rendre qu’à Melbourne environ 17 miles plus loin. En soirée je vais arpenter les rues de cette ville à la recherche d’une connection internet que je finis par trouver dans un parc. En général on fini par trouver une connection dans les ville de taille moyenne, dans les villages c’est plutôt rare et dans les grandes villes les connections sont souvent sécurisées.

samedi 6 décembre 2008

Jour 68 – 6 décembre

Je suis seul, et il y a ici la plus énorme et complete quincaillerie/bazar de la cote est... la suite se passe de commentaires. Le reste de la journée je peux enfin fabriquer mon pole de spinnaker ainsi qu’une échelle de baignade, c’est tout. Il est assez différent de travailler avec les moyens du bord, pas déplaisant mais il ne faut pas être pressé! (et ca tombe bien car je ne le suis absolument pas!)


(le bateau vire vite en bordel quand les outils sont sortis!)

Update de soirée : J’ai eu droit au moment le plus stressant du voyage! Alors que j’étais debout appuyé sur la bôme pour pitonner à l’ordi, j’ai mis le pied dans le vide et l’ordi à rebondi sur la cabine pour aller s’écraser dans l’ea...Non! il s’est plaqué contre le chandelier (barre verticale présent aux 6 pieds). Ouff j’ai eu chaud...

Jour 67 – 5 décembre

Cocoa est effectivement jolie comme petite ville, le dinghy-dock est près et il semble y avoir pas mal de tout comme magasins, on y trouve d’ailleur la plus grosse boutique d’antiquités que l’on a jamais vu (second seulement au souk du Caire!). Après avoir fait le plein de nourriture à New Smyrna c’est le plein de livres ici. Le parc qui longe la rive est tout décoré, vraiment on ne s’y fera jamais à voir des père-noels et sapins quand il fait 25 degrés dehors! Mais il y a pire, depuis une semaine on voit certains bateaux enguirlandés, les pires étant les voiliers qui se servent du gréement comme support à guirlandes lumineuses, de toute horreur. En soirée on va acceuilir Sandra, une amie à Audrée qui fait un stage en floride, les filles passeront la fin de semaine ensemble à Disney Land pendant que j’aurai la paix!

Jour 66 – 4 décembre

Cocoa Beach nous voici, il fait enfin CHAUD, Il était temps! J’installe le taud pour faire de l’ombre mais comme il est petit et qu’on va vers le sud, il en fait a peu près jamais. Pas grave ca créer une ambiance plus tropicale! Je me permet même de fermer le moteur et hisser le spinnaker (la plus grande voile disponible). Cocoa semble charmant, on verra plus en profondeur demain.


Jour 65 – 3 décembre

Une petite étape aujourd’hui pour se rendre à Titusville, on est maintenant dans la « space coast » et assez près des installation de la NASA pour voir les décollage, s’il y en a, ce que j’espère. Titus est une assez grosse ville mais sans charme, j’essai en vain de trouver un bout de bois pour faire mon pole de spinnaker, ca devient agacant de devoir chercher à pied pendant parfois plusieurs semaines un truc banal qui prendrait dix minutes à obtenir au Québec. Le bois sera pour un autre jour, j’ai au moins trouvé une lampe à l’huile comme je cherche depuis justement trois semaines!


Jour 64 – 2 décembre

Daytona aura été moin intéressant que prévu, peut-être que l’on à pas mis l’ancre dans le bon secteur, il semble en effet y avoir plus de bateaux un peu plus loin. Peu importe, aujourd’hui on va à New Smyrna Beach ou l’on compte s’approvisionner. Faire l’épicerie aura encore pris la majeure partie de la journée, au premier quartier débarqué on nous indique la direction pour l’épicerie... ouais, sauf qu’apès un temps on se rend compte qu’elle est encore à plus d’une heure, retour au dinghy. Deuxième tentative dans un autre quartier ou selon la carte il y a un Publix (Les meilleures épiceries, presque comme chez nous!), pas de quai cependant alors le dinghy est « beaché » pour la première fois. L’épicerie est proche cette fois ci et on fait un gros panier, les Bahamas approchent et on doit penser à faire des provisions. Cette nuit la météo annonce du gel tout en avertissant que la chausé sera glissante, que l’on doit entré les plantes, que les enfants et personnes agées sont plus à risque et que la tuyauterie pourrait gelée, sont bien comique! J’ose espérer que ce sera le dernier front froid rendu ici!!

mardi 2 décembre 2008

Jour 63 – 1 décembre

Départ de St-Augustine pour rejoindre Daytona Beach, tout au long du trajet on fait route au côté de Crackers, les deux bateaux toute voiles sorties. On finir par dépasser, j’ai probablement une vitesse de coque légèrement supérieure (26’ vs 24’). Le soir venu je vais marcher à Daytona, le quartier est très louche et l’épicerie qui y était il y a dix ans selon le guide nautique n’y est plus, demain on leve l’ancre.

Jour 62 – 30 novembre

On avait prévu partir aujourd’hui mais il faudrait aller chercher de l’essence. La météo est en mode Tornado Watch et il vente fort dans le mouillage très rempli, on reste à bord pour surveiller tout ca. J’en profite pour m’instruire sur la charge de batterie NiCd et réussi à charger la perceuse qui m’a été donnée, je pourrai enfin installé plein de petits trucs que j’accumule depuis Annapolis! Je fais aussi un bilan complet de la consommation électrique à bord... Pour l’instant ca va car le moteur tourne presque chaque jour mais au Bahamas ca risque d’être problématique, il me faudrait un panneau solaire. En après-midi le temps se calme un peu alors on va chercher de l’essence sous la pluie, il y a une station service près de la rive alors quand on peut profiter des prix non-nautique(dans les marinas) on sauve 15$ par plein (et je fait plaisir au moteurs en metant du suprème). Sauf que les pompes de la station sont brisées et il faut marcher plus loin... pour l’aller ca va, mais le retour avec deux 5 gallons dans les bras, ca pèse. Un gentil couple qui ont un bateau à la marina voient le problème et nous embarquent pour le dernier bout de chemin, domage qu’on se soit pas croisé avant!